Le scandale des quotas chez la FFF

Laurent Blanc se trouve au cœur du scandale des quotas.

 Il semblerait qu’en France, le racisme ne sera jamais un sujet consigné à l’histoire. Le scandale de ces dernières jours, concernant la proposition des quotas pour le nombre de non-blancs dans les académies de foot françaises a évoqué des problèmes qui étaient auparavant presque totalement caché au sein de la communauté de foot français.

Avant que j’aborde l’analyse de cette situation, il faut admettre que les reportages de ce scandale dans la presse sportive européenne ne s’accordent pas sur la nature en décidant de la proposition de François Blaquart, le directeur technique de la FFF, qui se trouve au cœur de la situation. En Angleterre, on a entendu que Blaquart a insisté que la FFF installe des quotas dans les académies, pour que les joueurs français blancs fassent toujours la partie principale des équipes de France à l’avenir. De plus, on prétend que tous les hommes d’influence dans le foot français, de Laurent Blanc à Gérard Houllier ont été absolument en accord avec cette proposition raciste. Inutile de dire que cette description révèle de l’hyperbole, et qu’elle illustre bien tendance à exagérer, qui caractérise historiquement la presse britannique. En fait, ce que Blaquart a proposé était beaucoup moins hitlérien – même s’il n’est pas moins polémique; il a affirmé simplement qu’il y ait trop de jeunes joueurs dans les académies françaises, qui représentent la Patrie proverbiale en tant que jeunes de seize ou dix-sept ans, mais qui décident plus tard de jouer pour leurs pays d’origine, le plus souvent les pays maghrébins ou africains. L’argument de Blaquart n’est pas sans fondement; il y a des exemples des joueurs qui ont choisi de jouer pour la patrie de leurs parents, plutôt que la France, où ils ont appris de jouer au foot – Fredi Kanouté, par exemple, a joué son football international pour le Mali, pas la France.

Cependant, Kanouté n’était pas un joueur exceptionnel, et les occasions d’être sélectionné pour l’équipe française ne serait présentées que rarement. Il y a davantage d’exemples au cours des derniers dix ou vingt ans des joueurs comme Marcel Desailly, Lilian Thuram ou Florent Malouda, qui auraient pu choisir de jouer pour d’autres pays (Desailly reste encore très fier de ses racines Ghanéens) mais qui ont représenté la France. Et en tout cas, la proposition de quotas relève toujours du racisme, même si elle a été mal reporté; dire qu’il devrait y avoir des limites sur le nombre des joueurs d’une certaine origine ethnique va toujours créer exclusivement de malaise, sinon de dégout. Surtout dans un pays comme la France, ou le multiculturalisme fait maintenant partie de la culture nationale. C’est comme Laurent Blanc a dit, selon le verbatim: „Les Espagnols, ils m’ont dit : ‚Nous, on n’a pas de problème. Nous, des blacks, on n’en a pas'“.

En France pourtant, il y en a, (en fait ce n’est pas vrai de dire qu’il n’y en a pas non plus en Espagne; il y a plusieurs joueurs qui sont récemment venus de l’académie célèbre de FC Barcelona, comme Bojan Krkic et Jeffren Suarez, qui sont binationaux, tandis que Marcos Senna, un noir née en Brésil, est depuis longtemps un joueur clé pour l’Espagne et Villareal CF) et c’est pour ce fait que ce scandale a été si grande, si importante. C’est la réaction des personnes impliquées et de la FFF entière qui a été la chose la plus intéressante. Blaquart lui-même était forcé d’accepter sa punition inévitable, et quand il a transpiré que Blanc y était impliqué, le public et la presse ont demandé immédiatement qu’il s’explique. Pour lui, son implication est particulièrement scandaleuse, en tant que participant essentiel de la fameuse équipe « Black-Blanc-Beur » qui a gagné la coupe du monde en 1998. Blanc était malavisé de défendre les propositions, mais c’est justement ce qu’il a fait, disant: „Moi, j’y suis tout à fait favorable. Ce qui se passe dans le football actuellement, ça me dérange beaucoup. A mon avis, il faut essayer de l’éradiquer. Et ça n’a aucune connotation raciste ou quoi que ce soit. Quand les gens portent les maillots de l’équipe nationale des 16 ans, 17 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans, Espoirs, et qu’après ils vont aller jouer dans des équipes nord-africaines ou africaines, ça me dérange énormément. Ça, il faut quand même le limiter. Je dis pas qu’on va l’éradiquer mais le limiter dans ces pôles-là…“ Cette attitude a offensé quelques de ses anciens coéquipiers, comme Thuram.

Malheureusement, la réaction défensive de Blanc paraît typique de l’attitude française générale. En Allemagne – où l’équipe nationale a un air aussi multiculturel, avec les joueurs du Turquie et de la Tunisie – ou même en Angleterre, il est difficile d’imaginer même la proposition de tels quotas; elle aurait été rejetée immédiatement, et si un tel scandale transpirait, la réaction serait surement apologétique, pas défensive. Mais en France, le racisme reste un sujet sur lequel on ne peut pas se mettre en accord. De la politique de Sarkozy à propos du burkha à un scandale des quotas, le racisme en France est toujours presque impossible de quantifier, de définir. Si l’on va en France aujourd’hui, on trouve que la topique d’Algérie, par exemple, n’est pas discutée dans la conversation quotidienne – même cinquante ans plus tard. Quelle différence aux attitudes des allemands, qui confrontent maintenant vraiment ouvertement leur histoire louche. De plus, le susmentionné burkha fait toujours la polémique avec les commentateurs politiques et sociaux. Il semble que les français aient tellement peur d’oublier leurs valeurs fondamentaux de « liberté égalité et fraternité », qu’ils nient plutôt qu’adressent la manifestation des attitudes racistes ou intolérantes dans leur société.

C’est ces dernières qui a été montrées dans le scandale des quotas. Bien sûr la situation est devenue plus polémique que nécessaire, mais c’est un résultat de la réluctance des hommes comme Blanc d’admettre une erreur. Si la France, et le foot français, veut éradiquer le racisme de leur sport, il les faut d’un peu plus de courage. Il faut qu’ils acceptent leurs erreurs, et il faut s’excuser. S’ils ne peuvent pas le faire, l’avenir pour le foot français semblerait vraiment inquiétant.

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