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Des articles français.

Plus qu’un club – la poésie incroyable du FC Barcelone et de Lionel Messi.

Il y avait une image qui est venue de la finale de la Ligue des Champions qui a précisé parfaitement la suprématie du FC Barcelone dans le foot mondial: il dépeint un homme de petite taille : 1m 69 seulement, portant un maillot rouge et bleu – ou “Blaugrana” – et détruisant la meilleure défense de l’Angleterre. Les cinq joueurs autour de ce dernier le regardent avec émerveillement, et sont impuissants face à son génie; Fabio da Silva est battu; Rio Ferdinand et Nemanja Vidic sont rendus inutile, et Patrice Evra ne peut que regarder. Le petit, c’est bien sur Lionel Messi.

Messi et Maradona: deux Argentins, deux magiciens

L’image fait rappeler une autre photo plus connue, qui montre aussi la puissance superlative d’un Argentin. Le cliché de Diego Maradona tourmentant les défendeurs belges à la coupe du monde de 1986 est reconnu par les fans de foot partout dans le monde; c’est un symbole pour la force irrésistible d’un des meilleurs joueurs de l’histoire. Mais Maradona lui-même – avec tous son fameux arrogance – à de temps en temps insinué ce dont tout le monde commence à reconnaitre: Messi est encore plus doué, encore plus impressionnant, et encore plus magnifique. Tandis que Maradona a hypnotisé les défenses de l’Angleterre et la Belgique, Messi fait la même chose avec le Real Madrid CF et le Manchester United. S’il y restait un doute que Messi se trouve parmi les grands footballeurs de l’histoire, il n’en existe plus: comptons Pelé, Cruyff, Puskas, Eusebio, Di Stefáno, Maradona, et puis Lionel Messi.

Dans cette liste, c’est Maradona qui est l’anomalie. En menant son équipe argentine à la victoire en 1986, le petit magicien a été l’inspiration et le cœur battant d’une équipe qui, sans lui, aurait été assez médiocre. Les autres de la liste ont tous joué pour des équipes phénoménales, avec des coéquipiers aussi superbes. C’est pour ca que beaucoup de gens prétendent, à tort ou à raison, que Maradona est le meilleur qui soit. Sans tenir compte de ce débat insoluble à propos des joueurs, ce qui ne peut pas être nié, c’est que Lionel Messi fait partie d’une équipe incroyable – il la mène et il l’inspire, mais il s’épanouie aussi sous les soins et les conseils de Pep Guardiola et le FC Barcelone. Le génie de Messi a un rapport parfait avec le génie du FC Barcelone entier. Et bien que le débat sur le prétendant au titre de “meilleure équipe qui soit” soit aussi ridicule et insoluble que le débat sur le “meilleur joueur qui soit”, on peut soutenir sans réserve que la Barç a de Messi et Guardiola est devenue désormais une équipe légendaire.

La beauté de son jeu charme le monde football depuis trois ans, et il y a deux semaines, la Barç a a atteint le sommet de sa grandeur. L’équipe d’Alex Ferguson qui s’est trouvée devant FC Barcelone venait d’être couronnée championne de l’Angleterre pour une dix-neuvième fois recorde, et elle était sans doute la deuxième meilleure équipe de l’Europe – mais quel écart entre la première et la deuxième. Le Manchester United a bien joué, mais son équipe a été totalement surclassé par une Barç a qui fait quelque chose plus de sport en jouant le football – elle crée de la poésie. Cette équipe, fondée sur la fierté forte de Pep Guardiola à sa philosophie, la technique incroyable de Xavi et Andrés Iniesta, et bien sur la magie de Messi. C’est une équipe qui est pleine de superstars mais qui reste toujours une groupe absolument unie, qui détruit chaque opposition ensemble, et qui semble de plus en plus imbattable. Il n’y avait pas d’honte pour les joueurs de Manchester United à Wembley – leurs efforts ont mérité les médailles des deuxièmes, mais rien de plus. Mériter quelque chose de plus contre la Barç a aurait été impossible.

Lionel Messi est au cœur d’une équipe spéciale. Il l’offre un peu de magie quand les passes artistiques de Xavi, Iniesta et Busquets échouent, même si cela est une occasion très rare. Il est en outre un des meilleurs joueurs de l’histoire, et il n’a encore que 23 ans. Mais il est, d’une certaine manière chanceux. Chanceux d’avoir l’opportunité de faire partie de cette équipe merveilleuse. Avec sa moralité catalane – son système célèbre du développement des jeunes, ses projets au sein de la communauté, et son absence de sponsors commerciaux – le FC Barcelone prétend depuis longtemps d’être “Més que un club”. Sous la direction de Guardiola, il a pourtant créé quelque chose de plus encore. En maintenant l’héritage de Johan Cruyff et son “Dream Team”, Guardiola, Messi et Cie ont créé, dans l’environnement sournois du foot moderne, une exception unique; on devrait tous profiter de cette équipe qui fait la poésie – cette équipe qui en fait bien plus.

 

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Le scandale des quotas chez la FFF

Laurent Blanc se trouve au cœur du scandale des quotas.

 Il semblerait qu’en France, le racisme ne sera jamais un sujet consigné à l’histoire. Le scandale de ces dernières jours, concernant la proposition des quotas pour le nombre de non-blancs dans les académies de foot françaises a évoqué des problèmes qui étaient auparavant presque totalement caché au sein de la communauté de foot français.

Avant que j’aborde l’analyse de cette situation, il faut admettre que les reportages de ce scandale dans la presse sportive européenne ne s’accordent pas sur la nature en décidant de la proposition de François Blaquart, le directeur technique de la FFF, qui se trouve au cœur de la situation. En Angleterre, on a entendu que Blaquart a insisté que la FFF installe des quotas dans les académies, pour que les joueurs français blancs fassent toujours la partie principale des équipes de France à l’avenir. De plus, on prétend que tous les hommes d’influence dans le foot français, de Laurent Blanc à Gérard Houllier ont été absolument en accord avec cette proposition raciste. Inutile de dire que cette description révèle de l’hyperbole, et qu’elle illustre bien tendance à exagérer, qui caractérise historiquement la presse britannique. En fait, ce que Blaquart a proposé était beaucoup moins hitlérien – même s’il n’est pas moins polémique; il a affirmé simplement qu’il y ait trop de jeunes joueurs dans les académies françaises, qui représentent la Patrie proverbiale en tant que jeunes de seize ou dix-sept ans, mais qui décident plus tard de jouer pour leurs pays d’origine, le plus souvent les pays maghrébins ou africains. L’argument de Blaquart n’est pas sans fondement; il y a des exemples des joueurs qui ont choisi de jouer pour la patrie de leurs parents, plutôt que la France, où ils ont appris de jouer au foot – Fredi Kanouté, par exemple, a joué son football international pour le Mali, pas la France.

Cependant, Kanouté n’était pas un joueur exceptionnel, et les occasions d’être sélectionné pour l’équipe française ne serait présentées que rarement. Il y a davantage d’exemples au cours des derniers dix ou vingt ans des joueurs comme Marcel Desailly, Lilian Thuram ou Florent Malouda, qui auraient pu choisir de jouer pour d’autres pays (Desailly reste encore très fier de ses racines Ghanéens) mais qui ont représenté la France. Et en tout cas, la proposition de quotas relève toujours du racisme, même si elle a été mal reporté; dire qu’il devrait y avoir des limites sur le nombre des joueurs d’une certaine origine ethnique va toujours créer exclusivement de malaise, sinon de dégout. Surtout dans un pays comme la France, ou le multiculturalisme fait maintenant partie de la culture nationale. C’est comme Laurent Blanc a dit, selon le verbatim: „Les Espagnols, ils m’ont dit : ‚Nous, on n’a pas de problème. Nous, des blacks, on n’en a pas'“.

En France pourtant, il y en a, (en fait ce n’est pas vrai de dire qu’il n’y en a pas non plus en Espagne; il y a plusieurs joueurs qui sont récemment venus de l’académie célèbre de FC Barcelona, comme Bojan Krkic et Jeffren Suarez, qui sont binationaux, tandis que Marcos Senna, un noir née en Brésil, est depuis longtemps un joueur clé pour l’Espagne et Villareal CF) et c’est pour ce fait que ce scandale a été si grande, si importante. C’est la réaction des personnes impliquées et de la FFF entière qui a été la chose la plus intéressante. Blaquart lui-même était forcé d’accepter sa punition inévitable, et quand il a transpiré que Blanc y était impliqué, le public et la presse ont demandé immédiatement qu’il s’explique. Pour lui, son implication est particulièrement scandaleuse, en tant que participant essentiel de la fameuse équipe « Black-Blanc-Beur » qui a gagné la coupe du monde en 1998. Blanc était malavisé de défendre les propositions, mais c’est justement ce qu’il a fait, disant: „Moi, j’y suis tout à fait favorable. Ce qui se passe dans le football actuellement, ça me dérange beaucoup. A mon avis, il faut essayer de l’éradiquer. Et ça n’a aucune connotation raciste ou quoi que ce soit. Quand les gens portent les maillots de l’équipe nationale des 16 ans, 17 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans, Espoirs, et qu’après ils vont aller jouer dans des équipes nord-africaines ou africaines, ça me dérange énormément. Ça, il faut quand même le limiter. Je dis pas qu’on va l’éradiquer mais le limiter dans ces pôles-là…“ Cette attitude a offensé quelques de ses anciens coéquipiers, comme Thuram.

Malheureusement, la réaction défensive de Blanc paraît typique de l’attitude française générale. En Allemagne – où l’équipe nationale a un air aussi multiculturel, avec les joueurs du Turquie et de la Tunisie – ou même en Angleterre, il est difficile d’imaginer même la proposition de tels quotas; elle aurait été rejetée immédiatement, et si un tel scandale transpirait, la réaction serait surement apologétique, pas défensive. Mais en France, le racisme reste un sujet sur lequel on ne peut pas se mettre en accord. De la politique de Sarkozy à propos du burkha à un scandale des quotas, le racisme en France est toujours presque impossible de quantifier, de définir. Si l’on va en France aujourd’hui, on trouve que la topique d’Algérie, par exemple, n’est pas discutée dans la conversation quotidienne – même cinquante ans plus tard. Quelle différence aux attitudes des allemands, qui confrontent maintenant vraiment ouvertement leur histoire louche. De plus, le susmentionné burkha fait toujours la polémique avec les commentateurs politiques et sociaux. Il semble que les français aient tellement peur d’oublier leurs valeurs fondamentaux de « liberté égalité et fraternité », qu’ils nient plutôt qu’adressent la manifestation des attitudes racistes ou intolérantes dans leur société.

C’est ces dernières qui a été montrées dans le scandale des quotas. Bien sûr la situation est devenue plus polémique que nécessaire, mais c’est un résultat de la réluctance des hommes comme Blanc d’admettre une erreur. Si la France, et le foot français, veut éradiquer le racisme de leur sport, il les faut d’un peu plus de courage. Il faut qu’ils acceptent leurs erreurs, et il faut s’excuser. S’ils ne peuvent pas le faire, l’avenir pour le foot français semblerait vraiment inquiétant.

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